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Au fil des questions au programme d'histoire-géographie des classes de lycée. Des commentaires, exercices, rappels, ...

dimanche 9 janvier 2011

La guerre froide : périodisation et révisions


La guerre froide couvre une longue période et il est parfois difficile de repérer l'essentiel. De plus, il importe d'inscrire les événements de la Guerre froide dans un contexte plus général, impliquant d'autres questions : l'émergence du Tiers Monde, l'évolution économique, etc.

Des tableaux de synthèse sont donc proposés ici pour vous aider à avoir une vue d'ensemble de la période du second 20e siècle : les trois premiers portent sur les relations internationales, les deux derniers sur l'évolution économique.

Le plus simple : 
Les relations est-ouest 1945-1991
La même période, en plus détaillé ( deux tableaux) :
Modèles idéologiques et confrontation est-ouest de 1945 aux années 1970

La fin du monde bipolaire (années 1970 à 1991)

L'évolution économique :
De la société industrielle à la société de communication

Les domaines de la recherche et les principales innovations ( et oui, il y a eu une vie avant le Ipod!)

Pour ceux qui ne parviennent toujours pas à se repérer ou que la précision de ces frises chronologiques n'aiderait pas, l'essentiel est mis en évidence sur ces deux courtes fiches de révision : 





Enfin, un petit quiz ( 25 questions) sur la guerre froide. 
Quiz : Au temps de la Guerre froide (1945-91)

Sources :
manuel de Terminales L, ES, S, édition Magnard, 2008.
Manuel de Terminales L, ES, S, édition Bordas, 2008

1er juillet 1991, la dissolution du Pacte de Varsovie



  • Une dissolution sans surprise
Le 1er juillet 1991, l'alliance entre les pays d'Europe de l'Est est totalement dissoute, malgré la volonté de l'URSS de conserver ses structures politiques.

La cérémonie d'enterrement du pacte de Varsovie a eu lieu à Prague, dans la salle de réception du palais Czernin, siège du ministère tchécoslovaque des affaires étrangères. Sont présents les représentants des 6 pays encore membres (URSS, Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie), en la personne de leurs présidents, à une exception près : Gorbatchev n'a pas fait le déplacement, et l'URSS est représentée par son vice-président.
A l'exception de l'URSS, tous les participants envisagent la dissolution du pacte sans regrets. Vaclav Havel, qui préside la réunion, exprime le sentiment dominant : "Ce jour constitue la fin d'une ère de haine, de confrontations et de division de l'Europe en blocs et le début d'une époque historique fondée sur de nouvelles structures reposant sur des relations équilibrées entre les pays de l'ancien bloc soviétique".


  • La fin d'une époque
Les huit pays du bloc oriental (URSS et sept démocraties populaires) avaient signé le 14 mai 1955 dans la capitale polonaise ce que l'on a pu considérer comme "l'OTAN de l'Est"( titre du journal Le Monde du 17 mai 1955). Dans la presse soviétique, comme dans celle des démocraties populaires, le pacte est célébré comme une contribution essentielle à la coexistence des deux blocs.





Calqué sur l'OTAN dont il se veut la réplique, le Pacte de Varsovie intègre les armées d'Europe de l'Est ( à l'exception de celle de la RDA, initialement ) à celle de l'URSS. Le commandement en chef est confié à un général de l'armée soviétique.

  • Un traité qui a servi à l'encontre de ses membres...
Selon les termes du traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle signé à Varsovie, le pacte devait garantir aux pays socialistes la possibilité d'être défendus en cas d'agression extérieure. Il créait une solidarité militaire entre états signataires : 
"Art3 : Les parties contractantes se consulteront d'urgence chaque fois que, de l'avis de l'une d'entre elles, surgira une menace d'agression armée contre un ou plusieurs Etats signataires du traité afin d'assurer la défense collective et de maintenir la paix et la sécurité."

Paradoxalement, ce traité n'a servi qu'à l'encontre de l'un de ses membres, la Tchécoslovaquie. En 1968 en effet, les troupes du pacte de Varsovie ( roumaines exceptées) entrent en Tchécoslovaquie pour mettre fin au printemps de Prague. 
Les chars soviétiques à Prague

  • La dissolution du pacte de Varsovie autorise l'expansion de l'OTAN
En juillet 1991, l'URSS avait exprimé le voeu que la dissolution du pacte de Varsovie débouche sur celle de l'OTAN. Il n'en a rien été, au contraire, puisque les états ex-membres du Pacte de Varsovie ont rejoint l'ex-organisation rivale du temps de la Guerre Froide ( à l'exception de la Russie qui est néanmoins partenaire de l'OTAN).

L'OTAN en 2010


Sources :
Le Monde, L'histoire au jour le jour, numéro spécial, La Guerre froide 1944-1994, 1994.
Le Monde, L'histoire au jour le jour, tome V, le retour des nations, 1986-1991, 1992
Christian Hocq, Dictionnaire d'histoire et de géographie, Terminale, Ellipses, 1997.
Carte des démocraties populaires, manuel Histoire, Terminales ES, L, ES, collection Laurent Bourquin, Belin, 2004, p. 221.
Cartothèque de la documentation française ( carte de l'OTAN) : www.ladocumentationfrançaise.fr/
Site web de TV5 pour la video relative à la signature du pacte de Varsovie

samedi 8 janvier 2011

23 août 1989, une chaîne humaine traverse les pays baltes

  • Une immense chaîne humaine



Le 23 août 1989, une immense chaîne humaine rassemble près de 2 millions de personnes le long des routes traversant les pays baltes, depuis Tallin en Estonie jusqu'à Vilnius en Lituanie. Ce rassemblement, d'une ampleur sans précédent, cherche à attirer l'attention du monde sur la situation des baltes, dans un contexte de forte évolution du camp soviétique : Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie sont en effet touchés par un vent de démocratisation sous le regard bienveillant de l'URSS. Pourquoi les républiques baltes, annexées en 1940 par l'URSS - et donc intégrées à l'URSS - devraient-elles taire leur aspiration à l'indépendance? 


  •  Une date symbolique, le 23 août 1989

Le message porté par les participants à cette chaîne humaine ("the baltic way" dans la presse anglo-saxonne) est clair : il s'agit de dénoncer la domination soviétique "autorisée" par les accords secrets du pacte germano-soviétique signé le 23 août 1939, entre l'URSS stalinienne et l'Allemagne nazie. Des protocoles secrets donnaient la Finlande, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie et une partie de la Pologne et de la Roumanie à l'URSS. Depuis 1987, en signe de protestation, les baltes portaient un ruban noir pour commémorer, le 23 août, la signature du pacte qui avait décidé de leur aliénation. 



La carte proposée ci-dessous montre qu'en application de ces protocoles, l'URSS a annexé les territoires baltes à l'été 1940 et modifié les frontières (territoires polonais intégrés à la RSS de Lituanie, mais aussi territoires baltes cédés à la plus grande des républiques soviétiques, celle de Russie). Elle met par ailleurs en évidence le tracé emprunté par cette "voie balte", longue de près de 650 km. 



  • Lendemains de mobilisation...
L'URSS, dont les troupes sont pourtant présentes sur les territoires concernés par la manifestation ( et pour cause, puisque ces territoires sont devenus soviétiques en 1940), n'a pas osé alors riposter par la force à cette action non-violente. 
Les pays baltes proclament leur indépendance en 1990. Cette proclamation essuie une fin de non-recevoir de la part de l'URSS de Gorbatchev ( sommé par l'opposition conservatrice de préserver l'héritage soviétique, en particulier territorial), qui tente une reprise en mains par la force en janvier 1991. Ont alors lieu des affrontements violents, particulièrement en Lituanie, à Vilnius. 
Ce n'est que le 6 septembre 1991 que l'URSS reconnaît officiellement l'indépendance des trois républiques baltes.

  • La chaîne humaine de 1989 : un objet de mémoire


Sur le parvis de la cathédrale de Vilnius (photo ci-dessus), terme de la chaîne formée en août 1989, une plaque commémorative en rappelle le souvenir. 


Sources : le site du Parlement européen (http://www.europarl.europa.eu/), des images libres de droit sur Google, et les sites suivants : www.diploweb.com (revue géopolitique on line, extrêmement intéressante) et http://www.atlas-historique.net ( cartes historiques très bien réalisées, qui ne peuvent être utilisées que pour un usage privé).

mardi 4 janvier 2011

Barack Obama : premier discours sur l’état de l’Union, 27 janvier 2010.

Barack Obama : premier discours sur l’état de l’Union, 27 janvier 2010.
Le discours sur l’état de l’Union est un événement annuel où le président des EU présente son programme pour l’année en cours, devant les deux Chambres (Chambre des représentants et Sénat) formant le Congrès, au Capitole.
Le discours prononcé par Obama en 2010 est un discours majeur, par lequel il tente de renouer avec la combativité qui lui avait valu son élection en 2008 : «We  do not give up. We don’t quit ».

La réduction du taux de chômage (qui est de l’ordre de 10% malgré la sortie des EU de la récession à l’été 2009) devient la priorité du gouvernement en 2010, année électorale. Quels moyens  pour relancer l’emploi ? Puiser dans le remboursement des aides aux banques 30  milliards de dollars pour relancer les crédits aux P.M.E. ; réduire les impôts pour les petites entreprises ; fournir « des incitations fiscales pour toutes les entreprises [...] qui investissent dans de nouvelles usines et de nouveaux équipements » ; mais aussi favoriser le développement des infrastructures ( comme le train à grande vitesse) et développer les exportations du pays.
Cette relance de l’emploi est délicate compte tenu du déficit record des Etats-Unis : près de 1 500 milliards de dollars (2009). Pour résorber le déficit budgétaire, Obama annonce la création d’une commission et le gel des dépenses budgétaires pendant 3 ans ( à partir de 2011), sauf pour ce qui concerne la défense et la sécurité sociale.
La réforme de l’assurance maladie est en effet un des projets majeurs défendus par Obama. Il invite les républicains à ne pas lui tourner le dos, en utilisant leur récente victoire au Sénat (des élections partielles ont alors autorisé un net progrès des républicains au Sénat) pour bloquer tout projet de réforme.
La défense est l’un des autres enjeux majeurs abordés par Obama. Le risque est celui de la prolifération nucléaire, et, dénonçant les « États qui ne cessent de violer les accords internationaux afin de se procurer l'arme nucléaire », il met en garde les autorités iraniennes, si elles continuent à ignorer leurs obligations, contre « des répercussions accrues ». Par ailleurs, Obama réaffirme l’engagement des EU à combattre l’extrémisme et annonce un plan contre la menace bioterroriste. 

1989, l'automne des peuples à l'est.

Les révolutions qui mettent un terme aux démocraties populaires de l'Europe de l'est se déroulent de manière très différente selon les pays. On a globalement parlé de "révolution de velours" pour qualifier des évolutions en douceur, avec abandon du rôle dirigeant du parti communiste, tenue d'élections libres, arrivée au pouvoir d'opposants (souvent emprisonnés auparavant), consécration de groupes d'opposition ...
Le meilleur exemple de cette évolution en douceur - et extrêmement rapide -  est sans doute celui de la Tchécoslovaquie :
En février 1989, l'auteur dramatique Vaclav Havel, symbole de la résistance au régime, avait été condamné à 9 mois de prison pour avoir osé aller fleurir la tombe de Jan Palach qui s'était immolé par le feu, vingt ans avant (le 16 janvier 1969), pour protester contre l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie.
( photo du jeune étudiant en philosophie Jan Palach)

En un peu moins de deux mois (novembre-décembre 1989), les Tchécoslovaques mettent à bas le régime communiste. Fin décembre 1989, Vaclav Havel est élu président de la République de Tchécoslovaquie à l'unanimité par le Parlement.


(Vaclav Havel)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Václav_Havel

L'exemple roumain montre que la révolution de velours a souffert des exceptions.  Le 24 novembre 1989, Nicolas Ceaucescu est réélu à l'unanimité, et pour la 6ème fois consécutive, secrétaire général du parti communiste roumain. Le 22 décembre, la révolution l'emporte en Roumanie. Les époux Ceaucescu fuient, mais sont arrêtés, et, après un simulacre de procès, exécutés.


On This Day: Ceausescu Ousted in Romanian Revolution


  • Les conditions de l'exécution des époux Ceaucescu expliquent que 20 ans après (juillet 2010), leur fils ait demandé à ce que leurs corps soient exhumés pour être soumis à des tests adn. 



( la tombe des Ceaucescu à Bucarest)