Pages

Au fil des questions au programme d'histoire-géographie des classes de lycée. Des commentaires, exercices, rappels, ...

Affichage des articles dont le libellé est Première Guerre mondiale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Première Guerre mondiale. Afficher tous les articles

samedi 2 avril 2011

La Grande Guerre en BD

Putain de guerre - Jacques Tardi, Jean-Pierre Verney - 9782203017399 - 9782203017399
En 2008 a été commémoré le 90e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, que l'on a coutume d'appeler la Grande Guerre. Comme l'a montré le nombre et la diversité des cérémonies, événements, colloques, manifestations locales ou nationales, organisés à l'occasion de cet anniversaire, la mémoire de la Grande Guerre occupe une place à part dans la mémoire collective des Français. 






Le dessinateur Jacques Tardi a, à sa manière, participé à cette commémoration. Il a en effet fait paraître en 2008 une bande dessinée entièrement consacrée au conflit, du point de vue de ceux qui y ont participé, s'y sont affrontés et entretués. Cette évocation de la Grande Guerre - la Putain de Guerre - est une oeuvre de fiction. Comme les autres bandes dessinés de Tardi, elle est néanmoins animée d'un souci de véracité et de réalisme. L'historien Jean-Pierre Verney assure, aux côtés de Tardi, un travail de documentation qui garantit une grande rigueur historique. 




Né en 1946, Jacques Tardi passe ses premières années dans l'Allemagne de l'après-guerre, son père étant militaire de carrière. Plus tard, les atrocités de la guerre de 14-18, celle de son grand-père, d'origine corse, hanteront ses rêves d'enfant avant de devenir par la suite un des thèmes majeurs qui inspireront son oeuvre. Etudiant à l'école des beaux-arts de Lyon, puis aux Arts décoratifs de Paris, Jacques Tardi fait ses débuts, en 1969, dans l'hebdomadaire Pilote. En 1972 paraît sa première longue histoire, Rumeurs sur le Rouergue (scénario Christin, éditée chez Futuropolis en 1976). C'est en 1976 que Jacques Tardi fait son entrée chez Casterman et entame le cycle des "Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec", dont le succès ne se fait pas attendre. Le neuvième album de cette série populaire, intitulé Le mystère des profondeurs, paraît le 14 novembre 98 dans la série "Adèle Blanc-Sec", chez Casterman. Parrallèlement, Tardi adapte le Paris de Léo Malet, celui des aventures de Nestor Burma, et réalise d'autres adaptations qui sont autant de succès (Le der des ders de Daeninckx, Le cri du peuple de Vautrin, etc.)
Présentation de l'auteur proposée sur le site de son éditeur actuel, Casterman. 

Pour en savoir plus : 
Vincent Marie et l’Historial de la Grande Guerre (dir.), La Grande Guerre dans la bande dessinée (de 1914 à aujourd’hui), Historial de la Grande Guerre, Péronne, 2009, 112 p.
Ouvrage signalé et commenté dans Café-géo : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1960

samedi 26 mars 2011

Veuves et orphelins de la Première Guerre mondiale

La première Guerre mondiale : une hécatombe


Près de 1,4 millions de soldats sont morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Plus de 5 millions sont blessés, 1,2 millions sont invalides. 1/5 des hommes de moins de 50 ans, 10% de la population masculine active ont ainsi payé le tribut du sang. 

Dans un cimetière parisien, 1er novembre 1918. Source ECPAD
La saignée est sans précédent. Elle laisse en héritage une situation inédite : la France compte près de 600 000 veuves de guerre, près de 1 million d'orphelins, plongés dans la détresse morale, et financière. Le retour à la paix équivaut en effet, pour les femmes, à un retour au foyer : les femmes qui avaient, en grand nombre, occupé les places laissées vacantes en temps de guerre, sont invitées après-guerre à regagner le foyer familial afin d'élever leurs enfants. 


La reconnaissance morale du sacrifice consenti

Monument aux morts de Péronne
Tout comme après la guerre de 1870, la France reconnaît naturellement le sacrifice consenti par toutes les mères et toutes les épouses et leur rend largement hommage à travers l'édification de monuments aux morts. Cette vision de la femme terrassée par la douleur est déclinée selon deux thèmes : la souffrance résignée et la révolte. Les femmes sont soit représentées comme des héroïnes, pleurant celui qui a donné sa vie pour la Patrie et soutenues par leurs enfants, soit comme des combattantes qui brandissent le glaive pour abattre le fléau - la guerre - qui leur a pris ceux qu'elles aimaient.




Monument aux morts de Péronne

Des mesures sociales : le rôle de l'Etat

Les difficultés rencontrées par les veuves de guerre pour élever leurs enfants, le sacrifice qui a été le leur, incitent l'Etat à prendre des mesures : emplois réservés dans la fonction publique, création de pensions de veuves de guerre. Une femme est considérée comme veuve de guerre si elle est l'épouse d'un militaire mort en service ou mort des suites de blessures ou de maladies contractées pendant le service.
Les orphelins de la colonie agricole et ménagère de Dampierre-sur-Salon en promenade. Source : bibliothèque Marguerite Durand
La société française s'inquiète également du sort des enfants des soldats morts en service. La loi du 27 juillet 1917 crée le statut de pupille de la Nation. Par son article 1, "La France adopte les orphelins dont le père, la mère ou le soutien de famille a péri, au cours de la guerre de 1914, victime militaire ou civile de l'ennemi". Un enfant, adopté par l'État à la suite d'un jugement du tribunal de grande instance demandé soit par le tuteur légal de l'enfant, soit par l'État lui-même, devient pupille de la Nation. 

Source :

Site Chemins de mémoire : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/page/affichepage.php?idLang=fr&idPage=14886