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Au fil des questions au programme d'histoire-géographie des classes de lycée. Des commentaires, exercices, rappels, ...

mardi 14 juin 2011

L'interface méditerranéenne en croquis (2)

Quand on aime, on ne compte pas...
Ci-joint le lien pour une proposition de croquis de synthèse présentée par étapes, réalisée selon une logique désormais totalement connue ( inégal développement) mais qui a le mérite de mentionner le processus de Barcelone. 
http://hg-ec.ac-orleans-tours.fr/joomla/attachments/149_mediterranee.pdf

Les effets spatiaux de la mondialisation, croquis commenté

La mondialisation n'a pas un effet égal sur toutes les parties du monde. Certaines sont des centres d'impulsion de la mondialisation qui conforte leur domination sur l'espace mondial, d'autres s'intègrent à la dynamique de mondialisation en prenant une part de plus en plus marquée aux échanges mondiaux (périphérie intégrée, littoraux, façades secondaires), d'autres jouent encore un rôle marginal ( périphérie en marge, délaissée). La question de la mondialisation croise donc celle des inégalités Nord/sud, puisque globalement les centres d'impulsion sont au Nord ( les espaces moteurs de la Triade sont les espaces moteurs de la mondialisation) et les espaces marginaux au Sud ( Afrique sub-saharienne, Asie occidentale, Amérique latine intérieure). Mais le clivage Nord/sud est aussi remis en cause par la mondialisation puisque des puissances émergentes du Sud ( particulièrement la Chine, mais aussi l'Inde, le Brésil...) jouent un rôle de plus en plus marqué à l'échelle mondiale. 

Le croquis proposé est précis et assez complet. 
Il met d'abord en évidence (I) les espaces moteurs en distinguant selon les échelles. Apparaissent d'abord les centres d'impulsion à l'échelle nationale qui ne comprennent que des pays du Nord économique. Puis, à une échelle plus petite, les mégapoles (villes mondiales, parmi lesquelles le rôle de New York est souligné), qui forment entre elles un archipel mégalopolitain mondial (AMM) c'est-à-dire l'ensemble des mégapoles d'importance mondiale, lesquelles, reliées entre elles, organisent le système-monde ( expression du géographe Olivier Dollfus). Ces villes sont pour l'essentiel situées au Nord économique mais des capitales économiques du Sud apparaissent aussi : Sao Paulo, Johannesburg, Sidney, Shangaï... Enfin la mention des façades maritimes (côtes ouest et est des Etats-Unis, Northern Range, Tokkaïdo) montre que ces espaces se répondent. La mention de façades secondaires ( même figuré mais en bleu pâle) : façade du golfe du Mexique tournée vers l'Amérique latine, façade de l'Asie orientale, façade méditerranéenne, aurait permis de faire le lien avec la seconde partie. Mais le croquis est déjà bien chargé...
La seconde partie s'intéresse aux espaces dynamisés par la mondialisation. Elle évoque des espaces en évolution, qui sont soit des pays du Sud dynamisés par la mondialisation (pays émergents, pays pétroliers qui tirent parti des exportations d'hydrocarbures) soit des pays du Nord confrontés à la mondialisation de manière récente (la Russie). Cette sous-partie mêle donc des pays du Nord et des pays du Sud. Il me semble que j'aurais proposé une version plus classique : espaces en recomposition ( Russie + ex-républiques soviétiques comme l'Ukraine ou la Biélorussie), espaces émergents ( seulement ceux du Sud, la Hongrie faisant partie des périphéries intégrées de la Triade, mais j'aurais rajouté la Turquie), pays pétroliers à haut revenu ( attention à la faute de frappe pour Oman. Inutile d'en mentionner autant cf : on ne voit pas les émirats arabes unis ou le Koweït à cette échelle). L'intégration à la mondialisation passe par la participation aux échanges, mais implique aussi une logique de regroupement, traduite ici par la mention des organisations économiques ( plutôt qu'un liseré qui entoure précisément les pays membres de telle ou telle organisation, on peut opter par l'ellipse, plus discrète et surtout moins risquée cf : la carte est désormais un peu datée puisqu'elle ne compte pas le Venezuela parmi les membres du Mercosur).
Enfin, sous l'intitulé " La mondialisation en question", la carte montre les limites de la mondialisation : la première tient dans le renforcement des inégalités ( donc montre les "oubliés" de la mondialisation, les espaces en marge. Evidemment, on n'écrit pas dans une légende : voir le site de la documentation française!!! c'est une mention destinée aux élèves pour qu'ils se renseignent!). La seconde limite tient à l'impact inégal dans l'espace de la mondialisation, que traduit l'importance des flux Nord/Nord et la nature des flux sud/nord ( migrations, produits bruts, drogue). 
Source
http://annejo77.perso.sfr.fr/carto/term/mondial/mondial.htm

L'interface méditerranéenne en croquis (1)

  • L'espace méditerranéen, une interface

Le croquis vu en classe est fondé sur celui proposé dans le manuel Magnard. Intitulé l'espace méditerranéen, une interface - soit un espace de contact entre zones au développement très différent - il décline cette idée en trois points : d'abord, les inégalités (la Méditerranée met en contact deux zones, de part et d'autre de la limite Nord/sud, qui sont très différents en terme de développement, le Sud étant de plus confronté à une croissance urbaine très forte dans les grandes agglomérations); ensuite, les contacts sous forme d'échanges (le croquis fait le choix d'insister sur les flux humains, qui traduisent les inégalités Nord/sud) ; enfin, le croquis cherche à montrer que ce contact pourrait représenter une chance pour le Sud, dont le développement peur reposer sur la mise en valeur de ressources majeures pour le Nord ( gisements d'hydrocarbures, mais aussi bassins touristiques et cultures irriguées), ce qui favorise une première industrialisation ( d'où les exportations de produits manufacturés et l'émergence de grands ports industriels).
La logique adoptée est donc centrée sur la logique Nord/Sud (inégalités de développement, inégalités des termes de l'échange ) et son éventuel dépassement (le NOrd comme atout pour le développement du Sud). Dans cette logique, pourraient être ajoutées ( en 3e partie) la mention de l'Union pour la Méditerranée - qui pourrait apparaître sous la forme d'une ellipse en tiretés entourant l'ensemble des pays de la carte à l'exclusion de la Libye), et en 1ère partie la mention des révolutions affectant le monde arabe, signe du mal-développement (une flèche depuis la Tunisie jusqu'à l'Egypte pour signaler les trois pays touchés de manière majeure depuis décembre 2010). 

  • La Méditerranée, une interface Nord/sud : une approche différente
D'autres croquis, plus ou moins compliqués, peuvent compléter cette première approche. 
Par exemple, celui-ci proposé sur le site d'un collègue, propose, pour le même intitulé, une approche complètement différente. L'accent n'est pas mis sur les inégalités de développement, mais sur les rapports de domination existant dans la zone. La première partie met donc en évidence la domination du Nord, en soulignant le poids joué par les pays de l'UE dans la zone (85% du PIB du bassin), et en faisant apparaître un arc latin (depuis l'Espagne jusqu'à l'Italie) qui pourrait être représenté par une flèche double).La deuxième partie présente les échanges, mais on peut regretter que la même logique de domination du Nord sur le sud ne soit pas mise en évidence. Les flux migratoires de direction sud/Nord signalent bien le déséquilibre. On aurait pu représenter des flux inégaux (flux de produits bruts sud/nord, contre flux de produits manufacturés Nord/sud). La troisième partie est celle qui adopte la logique la plus originale, puisqu'elle cherche à lister toutes les différences qui fondent la rupture. ( donc la carte conclut à l'impossibilité du trait d'union). Elle met en évidence des conflits internes au sud ( conflits pour l'eau, conflits ethniques, et/ou religieux), des  clivages liés aux grandes aires de civilisation (aire chrétienne, musulmane, juive), des foyers d'activisme liés au terrorisme international (localisés au Sud mais qui menacent aussi le Nord, ce que la carte sous-entend sans le montrer). Enfin, apparaît la traditionnelle limite Nord/sud .
Dans la logique de l'épreuve du bac, il me semble que l'insistance mise sur le fait religieux n'est pas bienvenue. Les écarts de richesse et de développement, le déséquilibre des échanges, apparaissent trop peu. Par contre, on peut retenir de cette carte la notion d'arc latin (vue en première), la mise en évidence des pays de l'UE ( donc la disparité, au Nord, entre pays riches de l'UE et pays non encore intégrés, principalement balkaniques), la mise en évidence de conflits qui sont autant d'entraves au développement  (conflits pour l'eau entre Turquie et Syrie, entre Israël, territoires occupés et Jordanie).

dimanche 12 juin 2011

L'Irak de Saddam Hussein (1979-2003): le nouveau "gendarme du Golfe"?

  • Saddam Hussein ou le renouveau du rêve arabe
En 1979, Saddam Hussein s'empare du pouvoir suprême en Irak. Il est alors âgé de 42 ans. 
Membre du parti baas depuis longtemps ( il y a adhéré alors qu'il était âgé de 19 ans), il a participé au coup d'état de 1968 qui a porté ce parti au pouvoir en Irak. A la suite de ce coup de force, il a d'ailleurs été nommé vice-président en 1969. Son accession au pouvoir suprême en 1979 ne représente donc pas une rupture. 
Le parti baas a été créé en 1947 à Damas pour unifier les différents états arabes. Créé en Syrie, ce parti a étendu son influence dans les pays à forte composante sunnite, donc la Syrie et l'Irak. Le terme baas peut être traduit par "renaissance" : celle du monde arabe, qui doit reposer, selon les fondateurs de ce mouvement, sur trois piliers : le socialisme arabe, le nationalisme arabe, et la laïcité. Le parti baas prend le pouvoir en Syrie, à partir de 1970, et en Irak, à partir du coup d'état de 1968. 
Fresque réalisée en 2002. 
Saddam Hussein entend reprendre le flambeau du nationalisme arabe, un temps incarné par Nasser en Egypte. C'est ce qu'illustre cette fresque représentant Saddam Hussein comme le nouveau guide du monde arabe uni (une carte présentant le monde arabe est portée par les fidèles de Saddam). 
  • Le conflit Iran/Irak (1980-1988)
L'irak de Saddam Hussein prend l'initiative d'un conflit avec son voisin, l'Iran, en 1980. Ce long conflit - qui dure 8 ans et est le plus meurtrier des conflits déclenchés depuis 1945 - illustre le désordre mondial de la fin des années 1970.
Depuis le milieu des années 1970, la détente a laissé la place à une nouvelle période de tensions, que l'on nomme "la guerre fraîche". L'influence des Etats-Unis est alors en net retrait ; les Etats-Unis sont par ailleurs convaincus que l'URSS grignote du terrain, étendant sa zone d'influence. Ce n'est pas totalement faux, mais l'essentiel est alors que le recul des deux Grands autorise l'émergence de nouveaux pôles, qui échappent à leur puissance. 
1979, soldats iraniens défilant sous des portraits de l'imam
Khomeiny en piétinant le drapeau américain
C'est précisément le cas tant de l'Irak - allié de l'URSS mais qui semble peu disposé à se laisser dicter sa conduite -, que de l'Iran - qui était, jusqu'en 1978, le plus fidèle allié des Etats-Unis dans la zone, mais qui a connu en 1979 une révolution islamique portant l'ayatollah Khomeiny au pouvoir. Or, le régime de Khomeiny se pose comme un adversaire résolu des Etats-Unis. Les cartes sont donc totalement redistribuées dans la zone, situation favorable au coup de force. 

Les raisons qui poussent l'Irak au conflit sont de nature diverse : des affrontements frontaliers déclenchés par l'Iran sont mis en avant ( zone disputée du fleuve Chatt-el-Arab, sur lequel un accord prévoyait la libre circulation). L'Irak cherche par ailleurs à reprendre des territoires que l'Iran s'est approprié. En dehors des revendications territoriales, des différents politiques sont aussi à l'origine du conflit. Tous les pays arabes de la zone, l'Irak en tête, vivent des exportations de pétrole. Cette recette est mise en péril par la révolution iranienne. Enfin, la révolution iranienne a porté au pouvoir les chiites et mis en place un régime intégriste, dans lequel la religion doit imposer sa marque au pouvoir politique. Or l'Iran soutient les chiites d'Irak, nombreux dans le sud du pays et opposés au régime laïc de Saddam Hussein. 
«...Prudent, avisé et calculateur, pourquoi a-t-il (Hussein) pris le risque de cette guerre ? D'abord, parce qu'il fallait, de toute manière, pour restaurer l'Irak dans ses dimensions historiques, lui rendre ces petits bouts de territoire que le chah d'Iran, quand il était au sommet de sa puissance, lui avait arrachés. Ensuite, parce que le nouveau régime islamique de Téhéran, depuis des mois, appelait les chiites irakiens à la révolte. C'était pour l'Irak, dont la majorité de la population est de rite chiite, un danger mortel. Et sur cette question, Saddam Hussein ne badine pas (...) En prenant ces objectifs à son compte, Saddam Hussein se taille, à coups de canons, un profil de grand dirigeant arabe, tout en réalisant sur le terrain son propre dessein national. Reste à savoir si les dirigeants irakiens n'ont pas sous-estimé la capacité de résistance de l'ancien géant militaire iranien. Et si la fortune des armes finit par sourire vraiment à Saddam Hussein, beaucoup dépendra de la manière dont il saura se dégager de cette guerre, c'est-à-dire la terminer.» 
Le Nouvel Observateur,  29 septembre 1980.
Le 22 septembre 1990, les troupes irakiennes envahissent la région iranienne du Khouzistan, riche en pétrole. Les deux pays disposent de stocks conséquents d'armes sophistiquées. L'Irak reçoit de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, des Etats-Unis, de l'URSS, le concours de savants, spécialistes du nucléaire et des armes de toutes sortes. Le régime de Saddam Hussein sert alors de rempart laïque à l'Occident pour contenir la déferlante islamique venue d'Iran. Le conflit Iran/Irak échappe à la logique bipolaire, puisque les Etats-Unis (déstabilisés dans la zone par le régime iranien) comme l'URSS ( qui craint la contagion révolutionnaire venue d'Iran dans les républiques d'Asie centrale, alors qu'elle-même s'enlise dans le conflit afghan), prônent la neutralité (tout en aidant le régime irakien).
Pourtant, le conflit s'enlise de part et d'autre de la frontière, aucun des deux pays ne parvenant à l'emporter. Le régime de Saddam Hussein n'hésite pas à utiliser l'arme chimique contre les Iraniens et les Kurdes (massacre de Halabja - mal orthographié sur la carte ci-contre- mars 1988, 4 500 morts).
En 1988, l'ONU parvient à imposer un cessez-le-feu, difficilement négocié par son secrétaire général, Perez de Cuellar. 
  • Une lutte sans merci avec les Etats-Unis

Plantu, Golfe Persique, août 1990
En août 1990, l'Irak est à l'origine d'un nouveau conflit, cette fois contre le Koweït, dont Saddam Hussein estime qu'il s'agit d'un état illégitime (l'Irak n'a jamais reconnu l'indépendance octroyée par le Royaume Uni à ce petit territoire en 1961). Annexer le Koweït donnerait à l'Irak un accès plus facile au golfe persique. De plus, l'Irak reproche au Koweït de maintenir une forte production de pétrole, et donc de faire chuter les cours, ce qui est préjudiciable aux autres pays producteurs, et particulièrement à l'Irak criblé de dettes depuis la première guerre du Golfe (autre nom de la guerre Iran/Irak). 
Le 2 août 1990, les troupes irakiennes envahissent le petit état du Koweït. La caricature de Plantu dépeint un coup de force ( Saddam Hussein est sur le point de faire rendre gorge à l'émir du Koweït, Jaber III) et l'arrivée inopinée de sauveurs - sur des tapis volants tels des Aladins occidentaux... - venus des Etats-Unis. Au moment où la caricature de Plantu paraît, les sauveurs se préparent effectivement puisque les Etats-Unis déploient d'importantes forces militaires en Arabie saoudite et dans le golfe Persique. C'est le Desert Shield (Bouclier du désert, nom donné à l'opération de préparation militaire). L'invasion du Koweït provoque donc la rupture entre l'Irak et les Etats-Unis. 
La deuxième guerre du Golfe témoigne du nouveau rôle conféré à l'ONU, qui condamne immédiatement l'agression, exige un retrait immédiat et inconditionnel (résolution 660), décide d'un embargo économique et commercial (résolution 661), puis lance un ultimatum en janvier 1991, qui laisse jusqu'au 17 janvier à l'Irak pour retirer ses troupes du Koweït.
Au terme du sursis qui lui a été laissé, une coalition forte de 28 nations, sous commandement américain ( opération Desert Storm, tempête du désert) entre en guerre contre l'Irak pour libérer Koweït City et obliger Bagdad à la reddition. 
Caricature de Plantu, Le Monde, 1er mars 1991
La deuxième guerre du Golfe - menée par une coalition de 750 000 hommes et des moyens militaires conséquents - affaiblit considérablement l'Irak. Pour autant, même si les Etats-Unis espéraient que le dictateur soit chassé du pouvoir au terme du conflit, Saddam Hussein conserve la totalité des ses prérogatives sur un pays désormais extrêmement diminué.
C'est la troisième guerre du Golfe, déclenchée par les Etats-Unis dans le contexte de l'après-11 septembre, qui porte le coup de grâce au régime. Persuadé - à tort - que l'Irak détient des armes de destruction massive, le président américain George W.Bush, alors en pleine croisade contre l'Axe du mal, décide, avec une coalition nettement plus restreinte, et sans l'aval de l'ONU, de renverser Saddam Hussein. Une coalition essentiellement anglo-américaine attaque l'Irak en mars 2003 (opération Liberté pour l'Irak). Après trois semaines de combat, Bagdad tombe. Le régime de Saddam Hussein s'effondre, et Saddam Hussein lui-même est capturé par les Américains en décembre 2003. Jugé par le Tribunal spécial irakien, condamné à mort, il est pendu en décembre 2006.

Sur le tribunal spécial irakien et ses attributions :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20060123.OBS3292/le-haut-tribunal-penal-irakien.html
Sources : 
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=571
Histoire Tles L,ES, S, Hachette, 2008, p. 178.
Plantu, Un vague souvenir, Le Monde éditions, 1990, p. 132

dimanche 5 juin 2011

La mondialisation : les espaces moteurs

Ce croquis simplifié (emprunté à un collègue), consacré aux espaces moteurs de la mondialisation, met en évidence le rôle joué par plusieurs types d'espaces. D'abord, à l'échelle nationale, apparaissent les pays du Nord industrialisés : Etats-Unis et Canada, pays de l'Europe (l'Union européenne), Japon, Australie. Certains  forment les pôles de la Triade, représentée ici dans une acception assez imprécise : Amérique du Nord, Europe, Japon. Il vaudrait peut-être mieux choisir de nommer les seuls pôles (Etats-Unis, Allemagne, Japon). On voit bien que les pôles de la Triade - et les aires de puissance qu'ils dominent - sont reliés entre eux par des flux : ici sont représentés les flux financiers qui forment un arc entre les pôles, reliant entre elles les places boursières, signalant la circulation des capitaux entre ces places, et la circulation des IDE entre les différentes aires de puissance. 
Par opposition à ces espaces moteurs qui appartiennent tous à ce que l'on appelle le Nord économique, d'autres espaces se signalent par leur rôle secondaire. Sont représentés les NPIA (nouveau pays industrialisé asiatique, soit la Corée du sud, HK, Taïwan et Singapour), dont la croissance et le développement ont été tels dans les années 80 qu'ils ont désormais classés au Nord. Apparaissent aussi des pays producteurs et exportateurs de pétrole  : la Russie - économie en transition, classée au Nord économique -, mais aussi l'Arabie saoudite, qui appartient au sud économique. De ces pays partent des flux à destination des pays riches (ici, les flèches ne sont pas achevées, ce qui pose un peu problème pour celle qui part du Golfe Persique et semble s'achever dans l'océan Indien. Il faudrait la prolonger jusque l'aire asiatique et les aires de puissance européenne et américaine). 
Enfin, ce croquis met en évidence l'émergence de pays du Sud, qui jouent désormais un rôle important dans l'économie mondiale : les "géants" démographiques que sont l'Inde et la Chine, mais aussi le Brésil, le Mexique, l'Afrique du sud. Les facteurs de cette émergence apparaissent mal sur le croquis, qui met en évidence des flux de produits manufacturés, insistant sur le fait que ces pays du Sud ont fait le choix d'ouvrir leurs économies aux investissements des pays du Nord - importance des firmes transnationales, sous-traitance, "pays ateliers". Il conviendrait d'ajouter que ces pays se situent le long des grands axes de circulation maritime mondiale ( la route des Indes, la route du Cap). 
Par opposition à ces espaces moteurs - pour les centres d'impulsion - ou en voie d'intégration - pour les autres -, de très nombreux espaces sont représentés vierges de toute information, ce qui signifie qu'ils sont "écartés de la mondialisation", en marge de la mondialisation. C'est le cas de la presque  totalité de l'Afrique, d'une grande partie de l'espace latino-américain, d'une part non négligeable de l'Asie. Ce croquis simplifié adopte la logique centre ( les espaces moteurs ) / périphéries (intégrées ou non). Il illustre l'idée selon laquelle la mondialisation aurait un impact très inégal sur les pays, et particulièrement sur les pays du Sud, dont peu parviennent à participer au processus de mondialisation. 
L'auteur de ce croquis propose une animation sur un thème similaire, celui des territoires de la mondialisation : 

Notions clés : 
La mondialisation : c’est la mise en relation des différentes parties du monde qui se manifeste à travers la multiplication des échanges. Elle fait du monde un seul marché, le « village planétaire ». Elle entraîne une hiérarchisation des espaces.
• Centre d’impulsion, pôle ou espace moteur : un espace plus ou moins vaste qui attire et exerce une influence sur d’autres espaces. Il génère et reçoit des flux à l’échelle mondiale, c’est un espace générateur de dynamisme. Un pays de la Triade et une métropole sont des centres d’impulsion.
• Centre et périphérie : Le centre est l’espace le plus dynamique. C’est un espace dominant qui exerce une influence sur le territoire qui l’entoure. La périphérie est l’espace sous influence du centre, c’est un espace dépendant du centre. La périphérie intégrée est bien reliée au centre, la périphérie en marge est davantage en retrait.
• Une aire de puissance : un ensemble de pays qui est capable de dominer et d’influencer d’autres espaces dans un ou plusieurs domaines : économique géopolitique, culturel, financier, informations. L’Amérique du Nord, l’Asie orientale et l’Union Européenne sont 3 aires de puissance.
• Flux : déplacement entre un lieu de départ et un lieu d’arrivée. Flux visibles : matières premières et produits finis Flux invisibles : ce sont les flux financiers, les flux d’information et les échanges de service Flux migratoires : déplacements de personnes
• Investissements Directs à l’Etranger (IDE) : il s’agit de l’achat ou de la création d’une entreprise à l’étranger.

Source :
http://cbudde.free.fr/IMG/jpg/Lesespacesmoteurs-3.jpg